Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 217 – les petits chefs de village et l’empire du moi je : quand l’égo dévisse, la justice trépasse

On les connaît tous. Ces fameux « grands hommes » de quartier, ces résidents autoproclamés de la bien-pensance locale ou ces présidents de commission de la pétanque municipale. Donnez à un individu quelconque un badge en plastique, un titre ronflant au sein d’une petite association ou un compte certifié sur un réseau social, et observez la métamorphose. Le bon sens s’évapore, la réflexion démissionne, et seul reste le mastodonte : l’ego.

Le pouvoir de pacotille, puissant révélateur

La position sociale ou associative ne transforme pas l’humain ; elle le met simplement à nu. Offrez une bribe d’autorité à une âme médiocre, et vous découvrirez son véritable visage. Chez ces êtres affamés de reconnaissance, la moindre étincelle de pouvoir agit comme un sérum de vérité. Satisfaire leur amour-propre devient l’unique boussole. Peu importe la logique, la courtoisie ou la simple décence : l’important est de faire plier l’autre pour se prouver qu’on existe.

L’essence dans le moteur : algorithmes et I.A.

Évidemment, ce spectacle navrant existait déjà du temps de Molière. Mais aujourd’hui, nous avons poussé le curseur au niveau supérieur. Les réseaux sociaux et les intelligences artificielles servent de carburant de synthèse à ces dérives.

  • Les réseaux sociaux récompensent l’outrance, le clash et la mise en scène du Moi. Un « j’aime » équivaut à un shot de dopamine pour le petit tyran en herbe.

  • L’I.A. et les générateurs d’images ou de textes permettent à n’importe quel manipulateur de fabriquer du consensus factice, de tricoter des arguments bancals en trois clics et de propager ses vénéneuses certitudes avec une assurance désarmante.

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La manipulation au mépris de la justice

Dans cette foire aux vanités, une poignée de calculateurs égocentriques tire admirablement son épingle du jeu. Il leur suffit d’activer les levier de l’orgueil, d’agiter deux ou trois drapeaux identitaires ou moraux, et la meute des égos blessés s’élance, piétinant au passage toute notion de justice élémentaire.

Et les institutions dans tout ça ? Celles qui sont censées garantir l’équité, le droit et le calme plat ? Elles s’écrasent, quand elles ne collaborent pas cyniquement. Souvent dirigées par d’autres egos tout aussi sombres et anxieux de préserver leur petit pré carré, elles préfèrent fermer les yeux ou sacrifier les innocents plutôt que d’affronter la tempête médiatique. La justice devient alors un figurant dans le théâtre de nos vanités.

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